PETITES PENSEES

NAN.....

 

Comme la maison me parait vide..je n entendrais plus ta voix…Cela me semble encore impossible, je viens de fouiller un peu partout, tes recettes de cuisine, de vieilles photos jaunies, d autres qui m ont fait froid dans le dos, des hommes masqués, armés… et pourtant tu ne me parlais jamais de notre guerre mais c’était toi mon héroïne, j’étais si fière Nan que tu sois ma grand-mère, j ai souvent regretté de ne pas  m appeler comme toi…Plein de souvenirs remontent…tes colères quand je désobéissais ou je tenais tête, tes larmes au téléphone lorsque j ai été diplômée…tout cet amour que tu m as donné, que tu m as appris..Aussi bornée que toi, j aurais aimé avoir tes yeux, je te trouvais si belle, j aurais aimé te ressembler….


Perdue dans mes pensées, j’écris dans ton salon, une tasse de thé pour compagne, de l eau plein les yeux… Il y a toujours ce vase sur la table avec une orchidée faite en je ne sais quoi  « une orchidée parfaite » me disais tu  malicieusement, « elle ne se fanera jamais »

Mes yeux se remplissent  de larmes, mon cœur saigne…La mort, je vis avec, mais la tienne je ne peux l accepter. Dis-moi Nan, quand pourrais-je de nouveau sourire ?

Mon âme est vide, j ai mal à la tête…j ai mal partout..Tu étais tout pour moi…En cet instant, ma vie me semble si superficielle…J’ai perdu une partie de mon cœur, il ne battra plus jamais comme avant Cela me semble impossible, je vais me réveiller de ce cauchemar…Je vais te voir apparaitre dans l embrasure la porte…mais non…Tu es en paix maintenant, je le sais mais, pourquoi ai-je donc envie de hurler …de hurler « et moi Nan, tu as pensé à moi » ?

Mon cœur empli d égoïsme voudrait que tu sois là, que tu me serres contre toi, que tu me fasses rire, même tes leçons de morale en cet instant je les accepterais…Mais je sais au fond de moi que tout cela ne sert à rien…J’avais toujours évité de penser que ce moment arriverait, qu’ un jour je te perdrais et que pour moi ce serait la fin d un monde…Tu es partie, près de Dieu, vers de lointains paysages dont je ne recevrais aucune carte postale et je sais qu’un jour on se retrouvera…but not yet….pas tout  de suite…et de temps en temps Nan, penses à venir me rassurer et chasser mes peurs..

LauReen

 

 ELEANOR FITZGERALD

 

Je ne suis pas encore prête à renoncer à la partie la plus palpitante de ma vie....

L'été avait été si chaud en France...En Irlande, l'automne s'étirait...l'hiver allait pointer le bout de son nez...Je me souviens avoir longuement marché, du pollen provenant d'une espèce de plante jaune me faisait éternuer et me frotter les yeux...je me souviens avoir râlé au grand désespoir d'Eleanor qui avait trouvé cela on ne peut plus condamnable.


Cela ne m avait pas dérangée...une fois de plus je n’étais que de passage rêvant de la cote et de ses vagues bleu clair vers le rivage...je marchais, nous marchions au milieu de la tourbe...cette terre ne me nourrit pas, elle prend soin de moi, je la dévore, simplement...

Je ne suis pas encore prête à renoncer à la partie la plus palpitante de ma vie....

C'était pour Halloween...une soif inextinguible de plus de temps, plus de palpitations...regarder le bout du chemin peut être inquiétant à bien des égards, à la fois proche et si loin… Carpe Diem me dit ma grand mère comme si elle lisait en moi... J'ai tourné mon visage vers elle, stoïque et douce, à cet instant juste trahie par une "humidité" qui obscurcissait son habituel regard vert clair...Eleanor savait...
Quarante ans Laureen me dit elle..."tu es un "spring chicken", une poulette.."
"Je t aime Nan..."
"Tu ne m apprends rien ...Il faudra bien rentrer Laureen..."


Avec un sourire et sortant mon portable de ma poche, je lui répondis…
"Carpe Diem Nan...il y a des citrouilles à creuser...non???? Et j ai un coup de fil à passer"...
...
LauReen

SI UN JOUR...

...Tu me laisses tel un vaisseau brisé au cœur de la tempête, sans rien d’autre que des souvenirs aussi beaux, mais douloureux, que le ciel d’azur qui nous a vu nous balader, que ces nuages blancs qui ourlaient le ciel, alors je partirai, là où personne ne m’attend….

Sur mon cœur, j’inscrirai «circulez, il n y a plus rien à voir, il n'y a plus rien à prendre» et je prendrai ce bel avion que j’ai tant de fois rêvé de prendre avec toi…Je retrouverai ma jolie maison blanche perdue au bout du monde, entre ciel et mer et j’écouterai le soir tomber devant un feu de tourbe, seule, enroulée dans une couverture…Je laisserai parler les vagues, hurler les goélands et s’évader mon esprit..

Nous aurions pu marcher dans la bruyère, courir sur la lande faisant fi de la pluie qui tombe, essoufflés mais heureux, respirants la brise fraîche et saline qui vient des Iles Arans…Nous aurions pu saluer les hommes travaillants aux champs, sereins et apaisés comme les paysages qui nous entourent…nous aurions pu mélanger matin, midi et soir dans ce lieu si étrange où la nuit est tellement jalouse du soleil que parfois elle pare les jours de gris pour ne pas lui laisser la place…Comment pourrai-je dormir maintenant… ????

Je ne me noierai plus dans tes yeux..je ne verrai plus danser les saumons dans le Lough Derg…Plus aucun espace  à conquérir...Plus de ligne sur mon horizon…je resterai seule, avec mes démons intérieurs..Toutes les choses si précieuses que j'aurais pu détenir, je les regarderai partir, goutte à goutte, de cette blessure que me laissera ton absence..tu n'en verras pas les cicatrices..je n entendrai pas ton "Laureen, where have you gone"..Elle reprendra la clé du long chemin pour essayer d'oublier qu'elle t'a aimé...

Ô mon Irlande, pleure avec moi, j’accrocherai une broche avec ton trèfle sur mon cœur...Ô mon île avec ses plages émeraudes, ô ma terre fière et orgueilleuse…Retrouverai-je le goût de chanter, de raconter tes histoires, ô ma terre verte, entendrai-je encore tes rires et tes cris ????

LauReen

 

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